Il fait nuit noire, pas un rayon de lune pour éclairer
Je roule depuis près de deux heures, il me reste une douzaine de kilomètres à parcourir. Le spectacle du jour se levant sur un paysage de rizières en escalier est superbe. Je m’arrête quelques minutes pour admirer le paysage.

La route en lacets est de plus en plus étroite et de plus en plus pentue. Alors que j’appréhende un lacet la chaîne saute. J’essaye de la remettre en place mais moi et la mécanique ça fait deux. J’abandonne la moto sur le bord de la route et je continue l’ascension à pied. Heureusement, je ne suis qu’à un kilomètre du sommet. Malheureusement la panne me fait manquer le lever du soleil sur les cratères du Kelimutu. Le Kelimutu est entouré de légendes religieuses, les chrétiens mais les musulmans aussi viennent se recueillir ici. Nous autres touristes nous venons ici pour admirer le panorama qu’offrent les trois lacs aux trois couleurs différentes. Il y en a un de couloir turquoise, un autre de couleur vert olive, les eaux du troisième sont noires. C’est une réaction chimique qui donne ce beau spectacle. Il arrive que les couleurs changent, que le lac noir devienne blanc, que le vert olive devienne rougeâtre.
Quand j’arrive, le cratère contenant le lac noir baigne dans les nuages comme si une mer de coton d’un blanc immaculé l’avait empli.

Le turquoise est bien turquoise mais le vert olive lui tourne au café au lait. Le panorama offre une superbe vue sur les montagnes autour, on devine même la mer au loin. J’ai de la chance que le ciel soit dégagé car le Kelimutu est souvent noyé dans les nuages.
Je ne pense plus à ma moto et pourtant il va bien falloir que je trouve une solution. Comment faut-il s’y prendre pour remettre une chaîne en place? Je demanderai aux vendeurs à l’entrée du site, ils auront bien une idée. Pour l’instant je profite au maximum du panorama magnifique qui s’offre à mes yeux. Plus le soleil s’élève haut dans le ciel plus les nuages qui avaient envahi le troisième cratère se dissipent. Un peu avant midi, le cratère révèle enfin ses eaux noirâtres. Le lac turquoise noyé par les rayons du soleil au zénith est magnifique, on aimerait troubler ses eaux calmes. Son voisin café au lait fait aussi preuve de magnificence.

De retour à l’entrée su site, je demande autour de moi si on peut m’aider à réparer ma moto, personne ne semble parler l’anglais ou fait comme si il ne comprenait pas de quoi je parle. J’abandonne vite cette solution. Avant de retourner à mon engin, je prends un thé accompagné de bananes et de biscuits à la noix de coco.


Je n’essaye même pas de remettre la chaîne en place, je descends en roue libre vers Moni, dans l’espoir de trouver un garage susceptible de me dépanner. Je m’arrête à l’entrée du parc national, un 4x4 est arrêté aussi. Le chauffeur me demande s’il peut m’aider, je lui réponds que s’il sait comment remettre la chaîne de ma moto en place son aide est
Je peux repartir tranquille vers Ende. Le chemin retour est très agréable, il fait beau et chaud. La route est sinueuse, les paysages de rizières sont magnifiques. Les villages endormis que j’ai traversés cette nuit sont maintenant plein de vie. Les enfants m’envoient des signes de la main et me prennent en chasse. Un cul blanc traversant leur village sur une moto, ça n’arrive pas tous les jours. Je leur réponds d’un mouvement de la tête.

L’un des villages que je traverse est bordé de mandariniers, un micro climat le protège peut être des nuits glaciales.
Au fond de la vallée, une rivière suit son cours jusqu’à
Dernière ligne droite avant de rentrer dans le périmètre de la ville.




