Je trouve Bangkok de plus en plus sympathique. Les restaurants de rue sont vraiment les endroits idéals pour prendre ses repas. On les trouve de partout, ils sont pratiques et pas chers. En Asie, la vie est dans
la rue. Dommage que Bangkok soit aussi polluée. Tout en étant extrêmement conservateur, les Thaïs vénèrent leur monarchie, le peuple thaï est l’un des plus tolérants du monde. L’enseignement de la sagesse bouddhiste y est certainement pour beaucoup.
Bangkok accueille la plus importante diaspora chinoise au monde, même le China town de San Francisco fait figure de village.
Les Chinois dominent l’économie de la Thaïlande, de la Malaisie, de Singapore et de l’Indonésie. En Malaisie, ils représentent 30% de la population environ, mais ils tiennent les rênes de la majorité des plus grandes entreprises malaises. Il en est de même en Thaïlande, sans les Chinois l’économie Thaï serait inexistante. Je passe une de mes journées à flâner dans le labyrinthe des rues du China Town de Bangkok. Dès la nuit tombée, les enseignes aux multiples couleurs inondent les rues encombrées de gens et de marchandises de toutes sortes. On imagine les triades à l’œuvre dans les arrières boutiques, on négocie le contrôle de certains quartiers de
la ville. Ici on peut vendre de la came, là-las les filles du caïd tapinent sous la protection de quelques costauds en costume cravate, Marlboro aux lèvres, Ray Ban sur le nez, chevauchant des Honda dernier cri. Et ici, c’est le coin des joueurs de go, jeu de stratégie qui consiste à délimiter un territoire plus vaste que celui de son adversaire. On y trouve aussi des temples, un Bouddha en or géant, tous les corps de métiers, c’est une ville dans la ville.
Je retrouve Adam le troisième jour. Il a acheté son billet d’avion pour Sydney, il décolle dans deux jours. On décide de fêter son départ ce soir. Ce ne sont pas les lieux de perditions qui manquent à Bangkok. Il m’a déjà dit qu’il voulait faire une sortie dans Patpong. Il me semblait qu’il était fauché et n’a-t-il rien retenu de
la leçon Monkey Girl ? Il veut qu’on fasse une virée dans un GoGo bar gay suivi d’une virée dans un GoGo bar hétéro. L’idée ne me déplait pas, j’ai aussi besoin de distractions. Je le préviens que si je le vois succomber aux sirènes de ces demoiselles en string et socquettes blancs, on décampe. Je serai son ange gardien et mon service lui en coûtera une tournée, je suis moins cher que n’importe quelle Monkey Girl qui pourrait se mettre sur son chemin. It’s a deal? It‘s a deal.
On commence par le GoGo bar gay. Le lieu est vaste, au centre de la salle une scène ring accueille les garçons. Ils défilent continuellement. Ils portent des maillots de bain blancs, ils portent aussi un numéro. Certains d’entres eux me semblent très jeunes mais en Aise il est difficile de donner un âge aux gens. Ils paraissent tous plus jeunes qu’ils ne le sont réellement. On nous prend certainement pour un couple, aucun des gogo boys ne s’approchent de nous pour qu’on leur offre à boire. Ce ne sont pas les clients qui manquent. Il y a autant d’asiatiques que d’occidentaux et il ne sont pas tous vieux et bedonnants. Les gogo boys paradent sur le ring dans le but d’être choisi par un client. Une fois choisi, le gogo boy s’installe à la table du client, le client lui offre à boire. La conversation commence. Comme le temps c’est de l’argent, au bout d’une quinzaine de minutes environ un homme en costume cravate arrive à la table et présente un bristol au client. Le client prend connaissance du montant. Si le client accepte, le gogo boy part s’habiller puis revient s’asseoir à la table du client. Ce qui signifie que le client l’a loué pour la nuit. On imagine facilement la suite.
Nous sommes installés depuis une bonne heure quand le spectacle commence, deux hommes vêtus de cuir accomplissent des mouvements lascifs sur une musique déchaînée. Le couple cuirassé laisse ensuite la place à un couple nu. Je vous dirais, sans plus de détail, qu’ils feront l’amour sur scène pendant une bonne quinzaine de minutes. Ca, je dois dire que je ne l’avais encore jamais vu. Adam voulait voir un spectacle gay et bien là il est servi. On termine nos bières. Direction le Gogo bar hétéro. On n’a pas beaucoup à marcher, tous les GoGo bars se touchent. Les filles se déhanchent sur un bar en forme de fer à cheval. Elles sont vêtues de culotte, soutien gorge et bas blancs montant jusqu’au niveau des genoux (le blanc couleur symbolisant la pureté dans certaines civilisations et le deuil dans d’autres, les gogo girls et boys portent peut être des dessous de cette couleur en deuil de leur virginité perdue?). D’autres circulent autour des tables titillant le client potentiel. Ici, on ne nous prend pas pour un couple. Un essaim de jeunes filles se jettent littéralement sur nous. L’une d’entres elles s’installe sur mes genoux. Je lui glisse à l’oreille que je la trouve séduisante mais qu’elle perd son temps avec moi. Comme elle n’a pas l’air de comprendre, je lui dis que je suis gay. Elle part dans un fou rire interminable et décide de continuer à squatter mes genoux. J’abandonne l’idée à la faire déguerpir. Si elle ne squattait pas mes genoux une autre prendrait sa place de toute façon. Adam est aux anges, ce n’est pas une fille qu’il a sur les genoux mais deux. Je ne sais pas comment on va se sortir de ce pétrin. Un deal est un deal, Adam va devoir offrir une tournée à tout ce petit monde. Ca va lui coûter une fortune, on s’en moque c’est papa qui paye. Le bar est plein, on y voit aussi des couples de touristes. On termine nos verres, je fais comprendre à Adam qu’il est temps de s’éclipser en douceur avant que les deux colombes remuant leur popotin sur son sexe ne lui mettent vraiment le grappin dessus. Il acquiesce de la tête. On termine la soirée affalé sur le comptoir d’un sushi bar. On rentre à l’hôtel en tuk tuk.
Adam passera les deux jours qu’il lui reste à Bangkok à faire du shopping.
Ma prochaine étape est KL*. J’ai réservé une place sur Air Asia compagnie low cost à l’instar d’Easyjet. Il me reste encore quelques jours à Bangkok. J’en profite pour voir War Of The Worlds avec Tom Cruise, je ne pense pas mettre jamais autant ennuyé au cinéma. Spielberg n’innove plus. C’est montres métalliques, on les a déjà vus mille fois. L’histoire ne tient pas la route et le happy end est vraiment énervant. Quel navet!
*Kuala Lumpur, Malaisie.
Le temple du Bouddha d’émeraude. Si il y a un monument incontournable à Bangkok c’est bien celui-là. La construction d’un temple bouddhique dans les limites du Palais Royal est une tradition ancienne en Thaïlande. Le Bouddha d’émeraude a été, en réalité, sculpté à partir d’une large pièce de jade vert. Il mesure 48, 3 cm de large sur 66 cm de haut. Il est dans la position du Bouddha assis, jambes pliées, la droite sur la gauche. Cette statue qui représente Bouddha en méditation ressemble à certains Bouddhas qu’on trouve dans le sud de l’Inde et à Sri Lanka. L’attitude de méditation n’a jamais été très rependue dans les images thaïs du Bouddha. On pourrait vraisemblablement en déduire que le Bouddha d’Emeraude est plutôt originaire d’un des deux pays ci-dessus mentionnés. C’est un lieux de culte très populaire. On vient de toute la Thaïlande se prosterner devant le Bouddha d’Emeraude. Le complexe jouxtant le Palais Royal abrite de nombreux temples aux toits dorés ainsi que de très hautes stupas, il y a aussi une maquette du temple d’Angkor Wat.
Autre attraction de Bangkok, ses nombreux marchés. Ils sont moins pittoresques que le marché de Khajuraho ou celui de Sapa mais ils restent intéressants quand même. Il y a de nombreuses affaires à faire mais je ne peux pas me charger maintenant, je reviendrais peut-être passer quelques jours ici avant mon retour en France.