Jeudi 10 août 2006

Le vol arrive tôt à HCMV, ça me laisse la journée pour la visiter. Je prends une moto taxi entre l’aéroport et le centre ville. C’est encore plus le bazar qu’à Hanoi, la circulation est inimaginable et la pollution atteint des niveaux vertigineux. J’ai couvert mon visage avec un foulard. Il nous faut plus de 45 minutes pour arriver à l’hôtel. Encore une adresse du Lonely Planet. La jeune fille qui m’accueille est pleine de vie. Avant de me proposer une chambre elle m’invite à m’asseoir et m’offre un jus de fruit. Elle parle l’anglais avec un accent américain, peut-être est-elle l’une de ces réfugiés qui est rentrées au pays? Elle est très sympa et sait vraiment faire marcher son business. Elle me propose une chambre à 15$, non c’est bien au-dessus de mon budget. Je lui dis que je cherche une chambre entre 8 et 10$. Ok, elle peut m’en proposer une avec ventilateur pour 8$ mais dans l’hôtel d’en face. Le business marche si bien qu’ils ont 5 hôtels dans la même rue, je lui dis que ce n’est plus un petit business mais un empire. Elle rigole, oui on peut dire ça. Vend-t-elle des billets de bus pour Phnom Penh? Of course, quelle question idiote. How much? 5$. Ok réserve-moi une place pour demain.

Une fois mon sac à dos posé dans la chambre je pars à la recherche d’un magasin vendant des ordinateurs, le transformateur de mon portable a rendu l’âme. J’ai de la chance, à quelques pas d’ici se trouve une boutique spécialisée dans la vente d’ordinateurs portables. J’emmène mon pc avec moi. Je montre la marque au vendeur, pas de problème il a ce qu’il faut en stock. Il veut me refiler un transformateur made in china, mais le branchement du transformateur à la prise de courrant n’est pas le même que ce que j’ai. Il n’a pas d’autre choix que de me donner un produit HP qu’il vend au même prix que celui made in china, j’imagine que la marge n’est pas la même. Ce petit problème réglé je retourne à l’hôtel posé mon pc puis je pars à la découverte de la ville.

Comme j’ai peu de temps je loue une moto taxi, je négocie le tarif à un dollar de l’heure. Le chauffeur parle un peu anglais, il y a peu de chose à voir et comme je ne suis pas intéressé par le musée de la guerre et de la réunification on fait le tour de la ville en 3 heures. Je lui demande de me laisser au bord de la rivière Saigon, un projet de rénovation de ses rives est en cours. Les bidonvilles qui avaient pris possession des lieux sont démolis. Ce n’est pas encore l’endroit idéal pour boire une bière. Je me dirige vers l’hôtel de ville, un bâtiment sans intérêt trône au centre d’une grande place agrémentée de quelques palmiers. Décidément HCMV n’a rien à offrir, même ses gratte-ciel ne sont pas beaux. Je ne regrette pas d’avoir réservé mon billet de bus pour Phnom Penh. Je rentre à l’hôtel, je mangerai dans mon quartier, il y a plein de petits restaurants sympas. 

par Jean Yves publié dans : incredibleasia
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Jeudi 10 août 2006

On est huit dans le minibus qui nous amène à My Son, il y a une heure de route. Un kilomètre avant l’entrée du site, on s’arrête prendre le petit déjeuner dans un restaurant au bord de la route. Puis c’est le début de la visite. Le site est classé par l’Unesco, les ruines sont abritées dans un immense parc naturel, de nouvelles fouilles et des remises en état sont en cours. Tout n’est pas encore visitable mais ce qui a été mis en valeur vaut vraiment le détour.

My Son est l’un des sites les plus impressionnants de la région de Hoi An car il regroupe les plus importants vestiges chams du Vietnam. Durant les siècles où Tran kieu (alors appelée Simhapura) fut la capitale politique du Champa, My Son émergea en tant que centre intellectuel et religieux. On pense même que le site fit office de lieu de sépulture impériale. Les historiens considèrent My Son comme l’équivalent cham des cités sud-asiatiques d’influence indienne que sont Angkor (Cambodge), Bagan (Myanmar), Ayuthaya (Thaïlande) et Borobudur (Java). Les monuments se nichent au cœur d’une vallée verdoyante, entourée de collines et dominée par l’imposant mont de la Dent de  chat.

 

Au cours du IVe siècle, sous le règne du roi Bhadravaman, My Son devint le centre religieux du royaume. Elle fut habitée jusqu’au XIIIe siècle, plus longtemps que toute autre cité historique d’Asie su Sud-est (à titre de comparaison, Angkor et Bagan ne furent occupées que trois siècles). La plupart des temples étaient dédiés aux rois chams ainsi qu’à la divinité qui leur était associée, le plus souvent Shiva, fondateur et gardien des dynasties du royaume.

Le Champa entretenait d’étroites relations avec Java, où allaient étudier les érudits cham. On a également retrouvé des traces d’échanges commerciaux entre les deux royaumes, telles que des poteries chams à Java. Au XIIe siècle, le lien unissant les deux civilisations fut scellé par un mariage entre le roi du Champa et une jeune femme javanaise.

Comme l’attestent les ornementations inachevées des édifices de My Son, les Cham commençaient par construire les bâtiments, qu’ils décoraient ensuite de sculptures. Toutefois, on ignore encore comment les briques étaient assemblées : certains affirment que les ouvriers utilisaient une sorte de mortier à base d’huiles végétales locales. Fut un temps, le sommet de certaines tours était recouvert d’or.

De retour à Hoi An, je pars flâner au bord des quais du côté du marché aux poissons. Ca négocie dur. Les femmes de pêcheurs vendent la prise de la veille, certaines sont maigres, un euro de recette au plus. D’autres jours la pêche a été bonne, le chiffre d’affaire peut monter jusqu’à 5 euros. Certains pêcheurs ont abandonné ce dur labeur et se sont reconvertis en guide. Ils promènent les touristes en bateau le long du canal et jusqu’à la mer. Une activité bien plus lucrative et bien moins fatigante.

 

Je déjeune dans un des petits restaurants du marché puis je me ballade dans le vieux quartier.  

Comme je ne suis pas venu ici pour me faire dorer sur la plage le départ pour HCMV est demain matin. J’ai fait changer la date de ma réservation à l’agence de Vietnam Airlines. Je ne sais pas combien de temps je resterai à HCMV, peu de temps certainement. HCMV n’a pas le charme de Hanoi, elle est simplement une étape avant de se rendre dans le delta du Mékong et comme je n’ai pas prévu de faire cette excursion, une nuit à HCMV me semble largement suffisant avant de prendre le chemin du Cambodge. 

 

par Jean Yves publié dans : incredibleasia
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Mercredi 9 août 2006

Le lendemain de mon arrivé, je loue une moto. Je veux me rendre aux montagnes de marbre et à China beach. Les montagnes de marbre se trouvent à une vingtaine de kilomètres de Danang sur la route de Hoi An. Sur le chemin, je longe les plages pendant des kilomètres, je fais de fréquents arrêts pour me promener sur la plage. Des enfants me repèrent et viennent à ma rencontre, ils ne parlent pas un mot d’anglais, la conversation tourne cours. Ce sont certainement des enfants de pêcheurs, de nombreuses barcasses jonchent le bord de mer. Puis, je reprends la grande route qui est en construction. De longs morceaux sont terminés mais les voitures ne sont pas encore autorisées à l’emprunter. Quand elle sera terminée, elle relira Danang à Hoi An, les bus pourront alors décharger leurs cargaisons de touristes dans les rues de la vieille ville, pour l’instant une seule route étroite existe entre Danang et Hoi An et elle traverse de nombreux villages, pas très pratique pour développer le tourisme de masse.

 

Je pousse la ballade en moto jusqu’à Hoi An, 30 kilomètres au sud de Danang. La vieille ville a été classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Le vieux centre est fermé à la circulation, une mesure sans précédent au Vietnam.

Hoi An.

La plupart des bâtiments en bois de la ville sont antérieurs au XIXe siècle. Ainsi les plus imaginatifs se retrouveront aisément transportés quelques siècles en arrière, lorsque les quais de la ville grouillaient de navires, que les porteurs surchargés se bousculaient entre les entrepôts et les quais et que les marchands négociaient dans un enchevêtrement de langues. Peu touchée par la guerre du Vietnam, Hoi An fait aujourd’hui figure de vitrine de l’histoire vietnamienne. A ce jour on a recensé dans la ville plus de 800 édifices historiques.

Je déniche un petit hôtel proche du marché permanent. Je réserve une chambre à partir du lendemain pour deux nuits. Après une nooddle soupe excellente je prends le chemin du retour. Je suis de retour à Danang aux heures de pointes, le trafic sur le pont qui enjambe le fleuve Han est impressionnant. Il y a des centaines de motos et je suis au milieu de ce chaos. Inutile de dire que je roule au pas et que je suis extrêmement vigilant, je ne souhaite pas tester les urgences de l’hôpital de Danang. De l’autre côté du pont se trouve le carrefour le plus emprunté de la ville, ce n’est pas le moment de perdre les pédales. Un agent de la circulation, un sifflet à la bouche, est posté au centre du carrefour. Ses bras tournoient dans tous les sens, il souffle tout l’air de ses poumons dans le sifflet. Je ne sais pas si les gens prêtent vraiment attention  à ce qu’il fait mais la circulation est fluide. Si je devais aller tout droit ce serait simple, mais je dois prendre l’avenue de gauche, ce qui veut dire qu’il me faut m’arrêter en plein milieu du carrefour et de trouver un chemin au milieu du trafic qui s’apprête à traverser le pont. Je ne peux pas attendre éternellement qu’on me laisse passer. Alors je me lance avec les autres motos. Même si on roule au pas l’exercice est impressionnant.  

 

  

Le propriétaire de l’hôtel où je réside avait émigré au Canada dans les années 80. Il a succombé aux sirènes du gouvernement vietnamien. Il est rentré au pays, avec ses économies il a ouvert ce petit hôtel. Ne regrette-t-il pas sa décision? Il ne sait pas, ça fait quelques mois seulement qu’il a ouvert son établissement et les affaires ne marchent pas très bien mais il s’est donné un an d’essai.

Le lendemain départ pour Hoi An en bus public, une heure de route à bord d’un vieux bus bringuebalant. A l’arrière du bus s’entassent des vélos, des victuailles, des poules… Les derniers kilomètres de la gare routière à l’hôtel sont faits sur une moto taxi. A peine le check in terminé que je réserve l’excursion pour My Son. Le départ est à 5h00 du matin afin de voir le lever du soleil sur les ruines.

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Mercredi 9 août 2006

J’arrive à l’aéroport deux heures avant le départ du vol pour Danang. Je repère un comptoir de Vietnam Airlines, je veux me renseigner sur le prix du billet d’avion Danang-HCMV, si je peux m’épargner de faire les 900 kilomètres en bus ce serait merveilleux. Le prix du billet est encore moins cher, 52$, vendu. Je réserve une date au hasard, je ne sais pas combien de jours je passerai à Danang et Hoi An. Je peux de toute façon changer la date de voyage sans frais.  

 

L’Airbus A320 de Vietnam Airlines est presque complet, la moitié des passagers sont des occidentaux.  

 

L’aéroport de Danang, 4éme ville du pays, se trouve à quelques kilomètres seulement du centre ville. En dix minutes je suis à l’hôtel, situé au bord du fleuve Han. Je pose rapidement mes bagages dans la chambre et je prends la direction du musée Cham qui se trouve non loin de là, au bord du fleuve aussi. Le musée fut fondé en 1915 par l’Ecole française d’Extrême-Orient, il possède une collection qui compte parmi les plus belles au monde. L’autre intérêt de Danang réside dans la visite des montagnes de marbre et de China beach.

 

Les montagnes de marbre.

Ces anciennes îles sont composées de cinq monticules de marbre. On dit que chacun d’entre eux représente un élément de l’univers, dont il porte le nom: Thuy Son (l’eau), Moc Son (le bois), Hoa Son (le feu), Kim Son (le métal ou l’or) et Tho Son (la terre). La plus haute et la plus réputée des îles renferme de nombreuses grottes naturelles, où des sanctuaires bouddhiques ont été érigés au fil des siècles. Du temps de la nomination cham, ces grottes servaient de chapelles aux hindous.

China beach.

Cette gigantesque plage, se déroulant sur plusieurs kilomètres au nord et au sud des montagnes de marbres, commence à 30 kilomètres au sud de la montagne Son Tra (montagne des singes) et s’étend presque jusqu’à Hoi An. L’appellation commune de China beach est très récente et regroupe en fait deux plages, dont chacune porte un nom vietnamien. La plage de My Khe (où les soldats américains venaient se relaxer) et le rivage de la station balnéaire de Non Nuoc. 

par Jean Yves publié dans : incredibleasia
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Mercredi 9 août 2006
par Jean Yves publié dans : incredibleasia
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