05/05/05
Mon Ipod sonne l’heure du réveil, il fait encore nuit. Afin d’assister au lever du soleil sur le lac le départ de notre pirogue est fixé à 05h30. Malheureusement, ce matin, le ciel est nuageux. Rapide passage à la salle de bains. Je m’asperge le visage, je me brosse les dents. Je saisis mon sac à dos. Un petit déjeuner s’impose avant le départ, un banana pancake, une salade de fruits frais et un café au lait. Le coin repas est situé sous une pagode donnant directement sur le canal, déjà très animé à cette heure matinale. Les pirogues chargées de gens et de matériel en tout genre filent à vive allure vers l’embouchure du lac. La proue dressée vers le ciel sombre, une pirogue fuse devant notre embarcadère. Les gens sont serrés les uns contre les autres, têtes baissées, ils s’abritent comme ils le peuvent des vagues frappant avec force la coque de leur embarcation. J’attends l’arrivée de mes compagnons. Klaus est à l’heure, l’Irlandais aussi. Par contre, les filles sont en retard. La suite de notre expédition collective prouvera qu’elles sont incapables d’être à l’heure. Elles ont toujours égaré quelque chose et doivent refaire leurs sacs à dos à la dernière minute. Elles m’exaspéreront à plusieurs reprises. Klaus est plus compréhensif. Nos deux miss arrivent en courant, qu’avaient-elles égaré ce matin ?
Le jour est levé. On embarque, On s’installe les uns derrière les autres sur un petit siège en bois. Le piroguier démarre le moteur, accélère progressivement. En quelques secondes notre pirogue fend les eaux du canal à grande vitesse. A l’embouchure du lac, notre pirogue ralenti. Les embarcations de pêche sont nombreuses. Les pêcheurs du lac Inle ont une technique très particulière de ramer. Ils se tiennent debout, sur la jambe gauche, à la poupe de leurs embarcations. La jambe droite est enroulée autour d’une longue rame, la main droite la tient en position verticale. D’un déhanchement gracieux, ils pagayent. C’est un beau spectacle que de voir plusieurs embarcations glisser à l’unisson sur les eaux lisses d’Inle.

Inle est long de 
Chaque jour, dans un village différent, un marché anime le lac. Aujourd’hui, le marché à lieu sur les rives de la pointe du lac. Notre pirogue traverse des plantations de tomates, les tomates d’Inlé sont réputées dans toute

La junte militaire continue à les stigmatiser comme des terroristes prêts à tout pour obtenir leur indépendance ou à des trafiquants de drogues quand ce n’est pas les deux à

On atteint notre but. Une multitude de pirogue sont amarrées les unes aux autres, la terre ferme n’est plus accostable. Il semblerait que tous les habitants du lac se soient donnés rendez-vous ici. Il est à peine 08h00 quand on pose pied à terre, pourtant certains stands ont déjà été dévalisés. Les filles partent de leur côté et nous du notre. La séparation hommes femmes fonctionne toujours à merveille. Elles ont décidé de parcourir le marché de long en large et nous de nous installer à la table d’un bistroquet et de regarder la vie défiler sous nos yeux. On observe mieux d’un point fixe. Mon regard s’attarde longuement sur une vieille paysanne au visage sillonné de rides larges et profondes. Elle est assise sur un minuscule tabouret. Elle fume lentement une longue et épaisse cigarette de fabrication locale. Que vend-t-elle ? Quelles racines éparpillées au fond d’un panier en bambou. Est-elle l’homéopathe du lac, son spécialiste en médecine naturelle ? Visiblement les patients ne sont pas au rendez-vous. Peu importe, elle continue à tirer sur sa cigarette et son visage de disparaître derrière les volutes de fumée. Klaus parle peu, l’Irlandais beaucoup ça fait un équilibre. Les Irlandais aiment converser, on va au pub pour boire mais on y va surtout pour papoter. Et après quelques pints les langues se délient. Alors on peut parler de religion de politique de sexe et s’engueuler de bon cœur. Encore faut-il ne pas pousser le bouchon trop loin. Quand je vivais en Irlande, en 85-86, on ne parlait pas facilement de l’avortement ou de l’homosexualité. Je fis pourtant la rencontre de Kevin, jeune jardinier aux poignets épais et au regard ravageur. Notre liaison dura quelques mois mais ne fut connue de personne, c’était à cette condition que Kevin consentait à venir batifoler dans mon lit. Agréable souvenir. J’imagine que l’Irlande d’aujourd’hui est plus ouverte et plus tolérante même si l’église catholique continue d’exercer son pouvoir sur les mentalités.

06/05/05
Avec Claus on décide de partir faire une longue marche. On demande le chemin au propriétaire de notre guest house. On est partis pour une marche de
On est de retour au Queen vers les 15H00, une petite pose de 1h30 s’impose avant de prendre le chemin vers le village. Le Queen nous a donné l’adresse d’une famille spécialisée dans les massages birmans.
Le massage birman est un massage sec. On se met torse nu mais on se doit de porter un longyi. Le massage dure 1h30. Le masseur commence par nous masser le dos, les bas des reins et les jambes avec les mains, puis le massage avec les pieds commence. On est allongé sur le ventre le masseur se tient au plafond et te masse avec ses pieds en utilisant son poids pour faire pression sur les muscles. Ca peut-être douloureux par moment. On prend toutes sortes de positions, les membres sont étirés, pliés. Les muscles sont malaxés, triturés. Les articulations sont manœuvrées dans tous les sens. Le massage terminé on se sent complètement vidé, épuisé. On s’installe dans un fauteuil de fortune et on nous sert un thé vert, histoire de se détendre avant de rentrer au Queen.
07/05/05
Les effets du massage de la veille se font sentir, une sensation de bien être et de repos total m’habite. Il est 08h00 quand on se retrouve autour de la table du petit déjeuner. L’Irlandais nous raconte son périple au Laos, Cambodge et Vietnam. Il a passé trois mois au Cambodge, on se demande bien ce qu’il a pu y faire. Il est tombé amoureux du Laos et compte y retourner pour un mois. Puis c’est au tour d’un Américain d’une cinquantaine d’années de nous raconter ses aventures en Chine. Il a beaucoup voyagé en Asie du Sud Est, il trouve la beauté du Lac Inle exceptionnelle. Je leur parle de mon voyage en Inde, je donne quelques adresses à un couple de Hollandais se rendant au Sikkim. Le petit déjeuner dure bien deux heures. Peu importe, c’est une journée de farniente avant de prendre le bus pour Mandalay, départ 18h30, le trajet ne devrait pas prendre plus de 12 heures, une broutille. Claus les filles et moi avons décidé de partir ensemble vers le nord, on va essayer de faire un trek de quelques jours dans les montagnes autour de Kyaukme (Shan State). Un Australien nous a donné le nom d’un guide qui organise des treks dans le nord de l’état Shan. L’intérêt de s’arrêter à Kyaukme est qu’il n‘est fait mention de cette ville dans aucun guide touristique. Le trek nous conduira dans des villages Shan et Palaung, tribus des montagnes qui cultivent des plantations de thé. Il y a une dizaine d’années leur source de revenu était la culture du pavot,


02/05/05 