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Lundi 10 juillet 2006

05/05/05 

Mon Ipod sonne l’heure du réveil, il fait encore nuit. Afin d’assister au lever du soleil sur le lac le départ de notre pirogue est fixé à 05h30. Malheureusement, ce matin, le ciel est nuageux. Rapide passage à la salle de bains. Je m’asperge le visage, je me brosse les dents. Je saisis mon sac à dos. Un petit déjeuner s’impose avant le départ, un banana pancake, une salade de fruits frais et un café au lait. Le coin repas est situé sous une pagode donnant directement sur le canal, déjà très animé à cette heure matinale. Les pirogues chargées de gens et de matériel en tout genre filent à vive allure vers l’embouchure du lac. La proue dressée vers le ciel sombre, une pirogue fuse devant notre embarcadère. Les gens sont serrés les uns contre les autres, têtes baissées, ils s’abritent comme ils le peuvent des vagues frappant avec force la coque de leur embarcation. J’attends l’arrivée de mes compagnons. Klaus est à l’heure, l’Irlandais aussi. Par contre, les filles sont en retard. La suite de notre expédition collective prouvera qu’elles sont incapables d’être à l’heure. Elles ont toujours égaré quelque chose et doivent refaire leurs sacs à dos à la dernière minute. Elles m’exaspéreront à plusieurs reprises. Klaus est plus compréhensif. Nos deux miss arrivent en courant, qu’avaient-elles égaré ce matin ? 

 

Le jour est levé. On embarque, On s’installe les uns derrière les autres sur un petit siège en bois. Le piroguier démarre le moteur, accélère progressivement. En quelques secondes notre pirogue fend les eaux du canal à grande vitesse. A l’embouchure du lac, notre pirogue ralenti. Les embarcations de pêche sont nombreuses. Les pêcheurs du lac Inle ont une technique très particulière de ramer. Ils se tiennent debout, sur la jambe gauche, à la poupe de leurs embarcations. La jambe droite est enroulée autour d’une longue rame, la main droite la tient en position verticale. D’un déhanchement gracieux, ils pagayent. C’est un beau spectacle que de voir plusieurs embarcations glisser à l’unisson sur les eaux lisses d’Inle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Inle est long de 22 kilomètres. Des villages et jardins flottants l’habitent. On y trouve aussi de nombreux monastères. L’un des plus connu est le jumping cat monastery, les moines y élèvent une colonie de chats qu’ils entraînent à sauter à travers un cerceau. C’est devenu une attraction touristique en même temps qu’un business lucratif. On photographie les chats sauteurs et on glisse quelques kyats dans l’urne située à proximité. Et pourquoi s’émerveille-t-on qu’un chat puisse sauter à travers un cerceau placé à quelques centimètres du sol avec autant d’agilité de rapidité et de souplesse ? Ne sont-ce pas là les qualités connues aux félidés ?

 

 

 

 

 

 

Chaque jour, dans un village différent, un marché anime le lac. Aujourd’hui, le marché à lieu sur les rives de la pointe du lac. Notre pirogue traverse des plantations de tomates, les tomates d’Inlé sont réputées dans toute la Birmanie. Vision étonnante que ces milliers de plants de tomates cultivés au milieu des eaux. On file à petite allure entre les maisons, les villageois se mettent à leurs fenêtres et nous lancent des hello bye bye, des enfants jouant dans l’eau se risquent à quémander quelques dollars plus par jeu que par nécessité. Le peuple Shan est accueillant, souriant, paisible et d’une extrême gentillesse.

La junte militaire continue à les stigmatiser comme des terroristes prêts à tout pour obtenir leur indépendance ou à des trafiquants de drogues quand ce n’est pas les deux à la fois. L ’état Shan est frontalier avec la Thaïlande et le Laos. Cette région est connue sous le nom de triangle d’or, même si le trafic à diminué il reste important. La Birmanie est le deuxième producteur d’opium au monde après l’Afghanistan. Et justement cette zone escarpée difficile d’accès si riche en champs de pavots, interdite aux touristes, est contrôlée par la junte militaire. Alors à qui profite le trafic ?  

 

 

 

On atteint notre but. Une multitude de pirogue sont amarrées les unes aux autres, la terre ferme n’est plus accostable. Il semblerait que tous les habitants du lac se soient donnés rendez-vous ici. Il est à peine 08h00 quand on pose pied à terre, pourtant certains stands ont déjà été dévalisés. Les filles partent de leur côté et nous du notre. La séparation hommes femmes fonctionne toujours à merveille. Elles ont décidé de parcourir le marché de long en large et nous de nous installer à la table d’un bistroquet et de regarder la vie défiler sous nos yeux. On observe mieux d’un point fixe. Mon regard s’attarde longuement sur une vieille paysanne au visage sillonné de rides larges et profondes. Elle est assise sur un minuscule tabouret. Elle fume lentement une longue et épaisse cigarette de fabrication locale. Que vend-t-elle ? Quelles racines éparpillées au fond d’un panier en bambou. Est-elle l’homéopathe du lac, son spécialiste en médecine naturelle ? Visiblement les patients ne sont pas au rendez-vous. Peu importe, elle continue à tirer sur sa cigarette et son visage de disparaître derrière les volutes de fumée.  Klaus parle peu, l’Irlandais beaucoup ça fait un équilibre. Les Irlandais aiment converser, on va au pub pour boire mais on y va surtout pour papoter. Et après quelques pints les langues se délient. Alors on peut parler de religion de politique de sexe et s’engueuler de bon cœur. Encore faut-il ne pas pousser le bouchon trop loin. Quand je vivais en Irlande, en 85-86, on ne parlait pas facilement de l’avortement ou de l’homosexualité. Je fis pourtant la rencontre de Kevin, jeune jardinier aux poignets épais et au regard ravageur. Notre liaison dura quelques mois mais ne fut connue de personne, c’était à cette condition que Kevin consentait à venir batifoler dans mon lit. Agréable souvenir. J’imagine que l’Irlande d’aujourd’hui est plus ouverte et plus tolérante même si l’église catholique continue d’exercer son pouvoir sur les mentalités.

 

06/05/05  

 

 

Avec Claus on décide de partir faire une longue marche. On demande le chemin au propriétaire de notre guest house. On est partis pour une marche de 25 kilomètres. Depuis mon départ de Darjeeling je n’ai pas fait de longue marche, je suis rouillé et j’ai rapidement mal aux jambes, ce qui nous réconforte et nous donne du courage est qu’après la marche on va aller se faire masser, un massage traditionnel birman sera le bienvenu. 

 

On est de retour au Queen vers les 15H00, une petite pose de 1h30 s’impose avant de prendre le chemin vers le village. Le Queen nous a donné l’adresse d’une famille spécialisée dans les massages birmans.

 

Le massage birman est un massage sec. On se met torse nu mais on se doit de porter un longyi. Le massage dure 1h30. Le masseur commence par nous masser le dos, les bas des reins et les jambes avec les mains, puis le massage avec les pieds commence. On est allongé sur le ventre le masseur se tient au plafond et te masse avec ses pieds en utilisant son poids pour faire pression sur les muscles. Ca peut-être douloureux par moment. On prend toutes sortes de positions, les membres sont étirés, pliés. Les muscles sont malaxés, triturés. Les articulations sont manœuvrées dans tous les sens. Le massage terminé on se sent complètement vidé, épuisé. On s’installe dans un fauteuil de fortune et on nous sert un thé vert, histoire de se détendre avant de rentrer au Queen.

 

07/05/05

 

Les effets du massage de la veille se font sentir, une sensation de bien être et de repos total m’habite. Il est 08h00 quand on se retrouve autour de la table du petit déjeuner. L’Irlandais nous raconte son périple au Laos, Cambodge et Vietnam. Il a passé trois mois au Cambodge, on se demande bien ce qu’il a pu y faire. Il est tombé amoureux du Laos et compte y retourner pour un mois. Puis c’est au tour d’un Américain d’une cinquantaine d’années de nous raconter ses aventures en Chine. Il a beaucoup voyagé en Asie du Sud Est, il trouve la beauté du Lac Inle exceptionnelle. Je leur parle de mon voyage en Inde, je donne quelques adresses à un couple de Hollandais se rendant au Sikkim. Le petit déjeuner dure bien deux heures. Peu importe, c’est  une journée de farniente avant de prendre le bus pour Mandalay, départ 18h30, le trajet ne devrait pas prendre plus de 12 heures, une broutille. Claus les filles et moi avons décidé de partir ensemble vers le nord, on va essayer de faire un trek de quelques jours dans les montagnes autour de Kyaukme (Shan State). Un Australien nous a donné le nom d’un guide qui organise des treks dans le nord de l’état Shan. L’intérêt de s’arrêter à Kyaukme est qu’il n‘est fait mention de cette ville dans aucun guide touristique. Le trek nous conduira dans des villages Shan et Palaung, tribus des montagnes qui cultivent des plantations de thé. Il y a une dizaine d’années leur source de revenu était la culture du pavot, la guérilla Shan était alors très active et en conflit direct avec la dictature militaire. Des compromis ont été trouvés mais la situation reste instable.

 

 

 

 

Par jean-yves - Publié dans : incredibleasia
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Dimanche 9 juillet 2006

03/05/05 

 

Aujourd’hui, je prends la direction du centre est du pays. Je pars pour Inle Lake dans l’état Shan. La gare routière est encore plus éloignée du centre ville que l’aéroport, elle se trouve à une trentaine de kilomètres. Je m’y rends en taxi. Le bus pour Inle part à 12h30, le voyage devrait durer 18 heures.

 

Au départ de Yangon, je suis le seul occidental à bord. C’est un bus climatisé, enfin il devait l’être. Il y a quelques moines parmi les passagers, ce sont de chaleureux points de couleurs éparpillés dans le bus. On démarre à l’heure. Et très rapidement, on est ballotté dans tous les sens. Je suis assis sur le côté gauche, le soleil frappe fort à travers les vitres, on tire les rideaux. Le bus est équipé d’un petit téléviseur et d’un lecteur DVD. Les DVD de karaoké s’enchaînent au plus grand désespoir de mes tympans. Le scénario est toujours le même, une belle jeune fille ou un beau jeune homme chante une ritournelle mièvre filmée dans l’un des hauts lieux touristiques du Myanmar. Pendant que certains voyageurs sommeillent d’autres marmonnent les paroles sans grande conviction. Ces mélodies chaloupées nous plongent rapidement dans un état léthargique. L’abrutissement de masse fonctionne à merveille, les militaires peuvent tranquillement dormir sur leurs deux oreilles. 

 

Après deux heures de route, on atteint la petite ville de Bago où deux filles Tchèques embarquent. Elles prennent place sur les sièges devant moi. On fera connaissance pendant une pause effectuée dans une ville étape en fin d’après-midi. 

 

Plus on s’éloigne de la capitale plus les routes sont difficiles. On est ballotté dans tous les sens, vers le milieu de la nuit on commence la montée vers Kalaw (altitude 1380 mètres), qu’on atteint aux premières heures du jour. La route asphaltée par endroit seulement est sinueuse et étroite. Il faut faire de nombreux arrêts pour laisser passer le trafic incessant des camions de marchandises. La nuit est noire. La danse syncopée des faisceaux des phares des camions illumine brièvement le paysage. Le Karaoké est enfin muet, je sombre momentanément dans un sommeil profond. 

 

Le jour s’est levé. On a dépassé Kalaw. La route descend dans la plaine. On roule encore pendant une heure avant de faire un stop petit-déjeuner de 30 minutes. 

Enfin vers les 07hOO du matin, le bus nous dépose au carrefour de Shwenyaung. Des taxis attendent notre arrivée depuis plusieurs heures. L’un des chauffeurs nous propose de faire la course gratuitement. Il se fera payer par la guest house. 

Un français rencontré au Paragon hôtel de Calcutta m’a donné l’adresse du Queen lodge situé au bord du canal conduisant au lac, c’est un endroit très animé. Dès 05h00 du matin les pirogues à moteur commencent leur va et vient entre les différents villages sur le lac et autour du lac. Le meilleur moyen de découvrir le lac et de faire l’excursion d’une journée en pirogue à moteur. Le taxi nous dépose au Queen Lodge. 

 

On s’installe dans nos chambres respectives. La demi-pension est à 5$ par jour. Ma chambre est sombre et poussiéreuse. Ca na pas d’importance, je passe tout mon temps dehors. 

A peine installé, nous nous retrouvons à la réception pour organiser notre sortie en pirogue. On loue une pirogue pour le lendemain. Pendant que nous discutions de notre programme du lendemain, un jeune Suisse allemand arrive. Il prend une chambre au Queen et décide de se joindre à nous pour la ballade sur le lac. Le coût de la location de la pirogue est fixe (10 000 kyats, 11$ environ), on peut facilement monter à 6, plus on est mieux ça vaut. Un peu plus tard, c’est un Irlandais qui se joint à nous. On sera finalement 5 à bord.

 

Malgré les heures de bus on est tous plein d’énergie, nous louons des vélos pour l’après-midi. On part en plein cagnard faire une grande ballade du côté des sources chaudes. Des chemins vallonnés quadrillent les rizières et les champs de culture, au loin, quelques habitations semblent flotter sur les eaux du lac. Au sommet d’une colline, les vestiges d’un temple trônent majestueusement. 

 

Sur le chemin du retour, on s’arrête faire une pose au bord du canal. Trois enfants se baignent au milieu d’énormes buffles. Ils s’amusent avec eux, leur montent dessus. Ils rient aux éclats et dépensent toute leur énergie à les faire aller où ils veulent, en n’y parvenant pas toujours. Belle occasion de faire quelques photos et de laisser voguer son esprit au dessus des eaux agitées du lac.

 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : incredibleasia
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Dimanche 9 juillet 2006

02/05/05 

 

Je n’ai pas bien dormi. Ma chambre est minuscule, le plafond est bas et le petit ventilateur posé sur la table de nuit ne brasse que de l’air chaud et humide. Les douches sont au rez-de-chaussée. Je reste longtemps sous l’eau froide mais j’ai bien du mal à faire surface. A peine essuyé que je transpire déjà à grosses gouttes.

 

Le petit déjeuner est servi sur la terrasse au dernier étage, il n’y a pas d’ascenseur. Je suis en nage quand j’arrive au sommet. Le buffet est prêt. Il y a de quoi manger. Des fruits, des œufs, des toasts, des confitures, des pâtes, des pommes de terre, des légumes, des jus de fruits, du thé et du café. Je suis l’un des premiers. Je m’installe à une table. D’autres touristes arrivent rapidement dont une famille de français avec 3 enfants. Ils s’installent à ma table. Ils ne parlent pas, seule la petite fille blonde aux grands yeux bleus fait quelques commentaires. Je m’éponge régulièrement le front et le cou.  

 

Le Shwedagon Paya est situé à quelques kilomètres de l’hôtel. On peut s’y rendre en empruntant le bus n°37. Il y a un arrêt à proximité. Comme de partout en Asie les bus publics sont bondés, seuls les touristes à petit budget les utilisent. C’est un excellent moyen de nouer contact avec la population locale. On est souvent l’objet d’amicale curiosité. Mais ici on sent une retenue. On ne voudrait pas attirer l’attention des services de sécurité, alors on évite de s’afficher trop ostensiblement avec un touriste. 

 

Le stupa couvert de feuilles d’or et sa flèche sertie de diamants est impressionnant mais après avoir vu le Taj Mahal je reste un peu sur ma faim. Je ne pense pas qu’il y ait un monument plus majestueux que le Taj. Néanmoins je passe un très bon moment avec le papi qui me sert de guide. Je déambulais autour du Shwedagon quand il s’est présenté à moi. Il m’a proposé ses services contre 5 usd.  C’est un ancien professeur d’université, âgé de 71 ans, qui a pratiquement tout perdu quand les généraux ont pris le pouvoir. Il a été destitué de ses fonctions parce que supporter de Aung San Suu Kyi qui aux dernières nouvelles est toujours assignée à résidence surveillée. Entre deux explications il me parle de la situation désastreuse dans laquelle se trouve le pays. Tous les bons emplois sont occupés par les membres des familles des généraux et de leurs complices. Il ne perçoit pas de retraite, la raison étant qu’il n’a pas assez cotisé. Il n’a pas pu cotiser jusqu’au bout puisque les généraux lui ont interdit d’enseigner. Il ne voit pas comment la situation pourrait changer. Le pouvoir contrôle toutes les industries, il me dit que les services de sécurité sont de partout et que les touristes individuels sont étroitement surveillés. Les hôtels sont dans l’obligation de déclarer journellement le nom de leurs clients au poste de police local, au ministère de l’économie, au ministère du tourisme, au ministère de l’intérieur, en tout il y a 10 exemplaires à dispatcher tous les jours. En même temps le gouvernement souhaite faire entrer un maximum de dollars. Les billets de train doivent être payés en USD, les hôtels facturent leurs chambres en dollars et de nombreux autres services sont facturés en dollars. L’accès à Internet est difficile. Le gouvernement contrôle les medias, il n’y a pas de presse indépendante.  

 

Nous passons un agréable moment ensemble. Il me conduit d’un endroit à l’autre, me donne de nombreuses explications. Il me prend en photo devant la cloche que les anglais firent tomber dans la rivière Yangon , et comme ils étaient incapables de la remettre à flot ils la rendirent au peuple Birman qui lui la fit remonter à la surface à l’aide de tiges de bambou. Une photo devant le bouddha correspondant à mon jour et orientation et où il me fait réciter des mantras pour moi et ma famille. Et puis on trouve le repos sous la pagode d’un temple. Le zedi scintille, la lumière est aveuglante. Le soleil plonge droit sur nos têtes, les ombres s’estompent.  

 

*Shwe Dagon Pagoda :  

 

Shwe = Gold  

 

Dagon = Old city name 

 

Yangon = New city name, le nom a été anglicisé il devrait être YanKon.  

 

Yan = Ennemy   

 

Kon = No  

 

Shwe Dagon Pagona = No Ennemy Golden Padgoda 

 

Copyright of my old little guide of 71.  

 

D’après la légende, le stupa a été établi il y a plus de 2500 ans, 1000 d’après les archéologues. Il est dit que le stupa a été construit sur les collines où des reliques de précédents bouddha ont été découvertes. Au XV siècle la reine Shinsawbu fit recouvrir le zedi (stupa) de son poids en feuilles d’or, son gendre et sa fille firent don de 4 fois leur poids. On estime qu’a la fin de 1995, le zedi avait accumulé 53 tonnes de feuilles d’or. Le sommet de la flèche est serti de 5000 diamants et de 2000 autres pierres précieuses.  

 

Chaque bouddhiste au Myanmar espère faire un pèlerinage ici au moins une fois dans sa vie. 

 

La semaine bouddhique Theravada à 8 jours : 

 

Nord/Est = Dimanche / Garuda      Est = Lundi / Tigre    Sud/Est = Mardi / Lion Nord = Vendredi / Cochon d’Inde     Sud = Mercredi matin / Eléphant avec défenses Nord/Ouest = Mercredi après-midi / Eléphant sans défenses  Ouest = Jeudi / Rat Sud/Ouest = Samedi / Serpent  

 

La date et l’heure de naissance déterminent l’orientation. Mon orientation est Nord/Ouest. 

 

*La Lady, surnom donné Aung San Suu Kyi.

Par Jean Yves - Publié dans : incredibleasia
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Dimanche 9 juillet 2006

01/05/05 

Aéroport de Dacca, 10h25am. 

 

Le voyage avec Biman Bangladesh Airlines a démarré du mauvais pied. Le vol BG 094/30 avril entre Calcutta et Dacca avait 2 heures de retard au départ, pour un vol de 30 minutes entre les deux villes ça fait beaucoup. Mais l’aventure ne faisait que commencer.

 

Après quelques minutes de vols le pilote annonce notre descente vers l’aéroport international de Dacca. En pleine descente l’avion reprend soudainement de l’altitude. Je continue ma lecture sans me poser de question. Le pilote nous annonce qu’un orage fait rage (j’ai entendu ça quelque part) sur Dacca et que notre vol est détourné vers l’aéroport de Shah Amamat (don’t know where that is). Une vingtaine de minutes plus tard on atterrit à Shah Amamat. Le personnel de bord nous demande de débarquer, le personnel au sol nous conduit en salle de transit. Au bout d’une petite heure, on nous informe que le vol pour Dacca est prêt pour l’embarquement. Il est plus de minuit quand on arrive finalement à Dacca. Les passagers en transit doivent marquer un arrêt au comptoir de transit afin d’effectuer les formalités douanières et l’organisation du transport vers l’hôtel. On arrive à l’hôtel vers les 01h00 du matin. 

 

Depuis quelques temps je suis moins chanceux avec les moyens de transport qu’au début de mon voyage. J’ai aussi perdu mon couteau Suisse dans  l’histoire, j’ai oublié de le mettre dans mon sac à dos et il m’a été confisqué par la police de l’air de Calcutta. Never mind. On ne devrait pas  s’attacher autant aux choses matérielles, j’en achèterai un autre à Bangkok, puisqu’à Bangkok on trouve de tout.  

 

J’attends le départ de mon vol vers Yangon en espérant que les mésaventures s’arrêtent un peu. Il ne manquerait plus que mon sac à dos ne soit pas à l’arrivée. Je croise les doigts.

 

La suite dans quelques heures.  

 

Yangon, 20h00. Je suis dans ma minuscule chambre du White House hôtel mais pour 5.00 usd la nuit petit déjeuner compris on ne peut pas demander la lune. 

 

Le Vol Dacca-Yangon est parti à l’heure. On est quelques voyageurs à débarquer à Yangon, le reste des passagers continuent vers Bangkok. 

 

L’aéroport de Yangon n’est pas équipé de jet bridge, on quitte l’Airbus de Biman par un escalier. A peine le pied posé sur le tarmac qu’on est saisi par la chaleur étouffante de la pré-mousson.  Le ciel est parsemé de quelques nuages blancs s’étirant vers l’horizon. 

Le hall d’arrivée est clair et spacieux. Il est équipé de nombreux postes d’immigration. Premier constat, tous les postes sont occupés par de jeunes filles charmantes et souriantes. Les formalités d’immigration et de douanes sont réglées en un rien de temps. Depuis plus de quarante ans, le pays est sous le joug d’une dictature militaire dure. Je m’attendais à voir les formalités d’immigration effectuées par de vieux militaires grincheux. On sait aussi que le pays à grandement besoin de faire entrer des devises, l’économie est ravagée. les Birmans les plus démunis ont bien du mal à joindre les deux bouts. Ils doivent faire face à la corruption de la police et de l’armée. Ils sont sujets au raquette pour un oui ou pour un non. Les libertés individuelles sont bafouées. L’opposition est muselée. Ces principaux représentants sont emprisonnés. Aung San Suu Kyi est assignée à résidence surveillée, elle est totalement coupée du monde extérieur, même les diplomates étrangers ne peuvent  pas rendre visite.

Premières impressions: La route menant de l’aéroport au centre ville est en très bonne état, il paraît que dès qu’on s’éloigne un peu de la capitale c’est la catastrophe. Les rues sont propres, il y a d’immenses parcs et jardins fleuris. La majorité des hommes porte le longyi (sorte de sarong long descendant jusqu’aux pieds). Après l’Inde tout semble si propre, ça fait du bien.

L’hôtel est bien situé, proche de Sule Paya (stupa an centre d’un grand carrefour du centre ville), et des petits restaurants. Le premier monument que je visite est donc le Sule Paya. Un gigantesque stupa doré siége au centre, tout autour des statues de bouddha dont certaines sont illuminées par des guirlandes électriques. Je viens juste de commencer la visite quand un moine m’interpelle en me demandant d’où je viens. Il est tout heureux de ma réponse et il commence à me parler en français. Ca fait sept mois qu’il prend des cours de français à l’alliance française de Yangon. Il se débrouille déjà très bien. Il me dit que les Français sont nombreux à venir visiter la Birmanie mais qu’en règle générale ils viennent en voyage organisé (toujours le même problème, ils ne parlent pas anglais me dit-il), et à cette période de l’année il n’y a pratiquement plus de touristes alors on est vite repéré. Il me montre ses cahiers de cours, les devoirs qu’il a à faire et il m’invite à venir visiter l’alliance française demain. J’y passerai peut-être mais demain je vais visiter le monument le plus important pour les bouddhistes birmans le Shwedagon Paya*. Il me conseille d’y aller tôt le matin. Il me dit qu’il est temps qu’il rentre au monastère, je l’accompagne jusqu’à son arrêt de bus. On a parlé de tout et de rien mais à aucun moment il ne m’a parlé de sa religion, il a fait quelques allusions rapides sur la dictature militaire avant de passer à un autre sujet. 

On sait que les voyageurs indépendants sont surveillés par les services de sécurité. On ne peut se fier à personne. Il n’est pas conseillé de parler ouvertement de la dictature militaire et encore moins de la Lady*. Nos déplacements sont enregistrés par les hôtels. Les contrôles routiers sont fréquents. Les sites touristiques sont infestés par les services de sécurité. 

 

 

Par Jean Yves - Publié dans : incredibleasia
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