22/08 départ pour Gili Meno.
Le voyage entre Bali et Gili Meno est long, 12 heures environ. J’essaye de me distraire en lisant mais je ne pense qu’à mon cousin Thierry et à son fils. La journée de l’accident doit défiler en boucle dans leurs têtes. Thierry est certainement accablé par la culpabilité du survivant. Et si on n’avait pas pris les motos ce jour-là. Et si on ne s’était pas trompé de route sur le chemin du retour. Et si je n’avais pas roulé aussi vite, peut-être seraient-elles toujours vivantes? La litanie des reproches sans cesse répétée. Comment réconforter une souffrance aussi aiguë? Et puis je me souviens de la dernière fois où j’ai vu Véronique et Mélissa. C’était à la soirée organisée par ma cousine Cathy pour fêter mon départ en voyage. On avait passé une bonne soirée. Véronique était fière de son nouveau nez, ça faisait des années qu’elle souhaitait se le faire refaire. Le résultat était réussi. Et Mélissa, une belle gamine de 9 ans.
Et voilà qu’un jour d’été sur une route du sud de la France, la vie s’arrête brutalement. C’est triste, vraiment très triste.
Je pense à un passage de la Bhagavad Gîtâ (livre de textes sacrés de l’hindouisme) que j’ai noté dans mon carnet de voyage.
Car la mort est certaine pour ce qui naît.
Et certaine la renaissance pour ce qui meurt.
Devant l’inéluctable, pourquoi t’apitoyer?
Oui, mais!
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